Falea Fariua : « le costumier est un artisan et un ingénieur »

Falea Fariua : « le costumier est un artisan et un ingénieur »

De fil en aiguille, Falea est devenue costumière. Elle répond à des cahiers des charges ou créé des pièces uniques pour mettre en valeur les danseuses et danseurs, les comédiens ou encore les amateurs de carnavals et parades. Son activité, aujourd’hui, lui permet de garder un lien avec la scène qu’elle a dû quitter à regret.

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« Oui, je suis costumière de métier », confirme Falea en souriant. Elle combine, à l’entendre, des compétences créatives et techniques. « J’aurais tendance à dire qu’on est tout à la fois artisan et ingénieur. » Créer un costume c’est avoir des idées, puis les concrétiser en faisant de la sculpture, du tressage, de la couture, du bricolage car les éléments ne sont pas seulement portés, « ils sont dansés », et donc soumis à rude épreuve.

Tout au long de l’année, elle travaille sur des costumes pour des danseuses et danseurs de ‘ori Tahiti, « c’est vrai que je suis gâtée pour ça, il y a de très nombreux événements ». Mais elle ne se restreint pas : hip hop, contemporain, théâtre… tous les arts lui plaisent, pourvu qu’elle reste liée à la scène.

Une résilience exemplaire

Falea a longtemps été danseuse. « Je respirais et je mangeais ‘ori Tahiti », raconte-t-elle émue. Elle faisait les shows hôtel, assurait des workshops à l’étranger. Et puis un jour, tout s’est arrêté. Affaiblie par une maladie rare, elle a dû tout abandonner.

Partant de zéro, elle s’est lancée dans la pâtisserie. Une activité qui marchait bien mais qui devenue incompatible après la mise en place d’un nouveau traitement. Retour à la case départ. En parallèle, son compagnon qui n’avait jamais fait le Heiva i Tahiti a cherché à comprendre la relation que Falea entretenait avec la danse. Il a rejoint une troupe pour fouler la mythique scène de To’atā. « Je l’ai accompagné. Je l’ai notamment aidé à faire ses costumes. »

Tout réunir en un seul lieu

Autour, les autres éléments du groupe n’ont pas hésité à solliciter Falea, des amis l’ont contactée, elle a fini par ouvrir sa propre costumerie. « Je voulais tout réunir en un seul lieu pour que les danseuses et danseurs n’aient plus à courir partout. » Elle a même planté des ‘auti dans sa cour.

Elle a tout appris seule, sollicitant de temps à autre Youtube, « le meilleur formateur du monde », plaisante-t-elle, et s’appuyant sur son expérience personnelle de la scène. « Aujourd’hui, je suis en backstage, ce n’est plus moi qui danse, ce sont mes costumes », résume-t-elle, heureuse.

Son conjoint, lui, a terminé son premier Heiva en pleurs. « Il a compris ce qui m’animait, et c’est lui maintenant qui ne peut plus s’arrêter. »

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FB : Tahiti Costume Design

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Tél.: (+689) 89 67 97 32

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